La vallée de la Maulde ou l’envers de l’eau

Centre d’Art Contemporain de Vassivières, 1996

« Je crois que l’artiste ne peut pas prétendre à mieux que d’éterniser le moment conjoint de la chose et de lui »
Francis Ponge, in « La rage de l’expression ».


Automne 1995, Lac de Vassivière.

« Chemins, enclos, plantations, hameaux… Des traces sont inscrites dans le fond du lac vide. On peut les recenser, les noter comme je l’ai fait avec l’appareil photographique. L’important est ailleurs. Il est dans ce qui se pense, se réfléchit, se reconnaît au cours de la promenade difficile où le corps et le regard s’épuisent ; dans l’interrogation de l’être face au vide, à l’absence ; au sens symbolique du retrait des eaux.
Il y a là comme un effet de catastrophe, passée, apaisée, acceptée. De quelle nature est cette confiance assurée par peu d’effets, peu de couleurs ; mais des rythmes, des dessins, des structures délicates ?
Le regard se perd dans la mémoire et les lointains de la peinture renaissante : une rivière serpente, un petit pont raconte l’histoire des hommes dans le paysage, des collines modulent l’espace, l’adoucissent. On est face à un répertoire, à un vocabulaire dont on ne maîtrise pas le sens, face à l’évidence de l’adéquation du lieu à la figuration d’un monde mental. »

Jacqueline Salmon, janvier 1996.